Quatre sœurs : Hortense  T2  - Cati Baur/Malika Ferdjoukh
En lisant le tome 2 des Quatre Sœurs, une bouffée de légèreté et un assemblage finement dosé de bons mots ont égayé ma lecture. Certes, ce roman graphique est à destination de jeunes adolescents, mais j’ai pour habitude de dire que le terme « littérature pour la jeunesse » n’est pas porteur de date de péremption.

Lecteurs de tout âge, soyez donc les bienvenus chez les Verdelaine, à la Vill’Hervé. Charlie, Énid, Hortense, Bettina et Geneviève vivent dans la maison familiale, lourdement refroidie par la chaudière défaillante ou par l’austérité de tante Lucrèce, mais chaleureuse par les âmes et caractères affirmés qui l’habitent. Ce second volume est consacré à Hortense, 11 ans et demi, qui vit mal le fait « d’être une parmi cinq, une dans la multitude » et dont le meilleur ami n’est autre qu’un journal intime.

Petit bijou d’humour, ce second tome brille surtout par ses personnages secondaires : Muguette, enfant atteinte d’une leucémie, qui remplace les termes irritants ou négatifs par des jeux de mots géographiques, comme pour narguer la vie. Ou bien Merlin Gillespie, le livreur de Nanouk Surgelés, faux magicien aux vrais airs de Cyrano, qui, par sa péninsule, va donner une véritable leçon de vie à la jeune fille futile et mièvre qu’est Bettina. Sans oublier les conversations loufoques d’Enid avec le gnome de la chasse d’eau.

Voilà trois ans que j’attendais la suite de cette série. Et j’avouerai que le changement d’éditeur, et surtout de format (passage d’une mensuration manga à BD), n’est ni judicieux ni performant. Espérons que la fratrie ne se laissera pas autant désirer pour conter les tracas de Geneviève, dans un troisième tome. Car les dessins de Cati Baur, colorés, fantasques, aux décors douillets comme le petit univers doucement « fouillis » du roman de Malika Ferdjoukh, mériteraient d’être publiés à plus vive cadence pour satisfaire les lecteurs, toutes générations confondues!

Emilie Genevrier

Haïku-riosités Zesthétiques – Pierre-Olivier Lombarteix
Fervent amateur du monde gaélique, terres explorées dans ses précédents polars ethniques « Ogham » et « Runes » (publiés aux Editions du Temps), Pierre-Olivier Lombarteix s’est cette fois-ci tourné vers l’Orient, en nous proposant un recueil de haïkus (Editions Collodion).

Kesaïku?

Un poème vif, de trois lignes, qui répond à un rythme codifié en 5-7-5 syllabes. Haïk-ou ou haï-ku ? Un mystère pour bon nombre d’occidentaux, dont s’est délecté l’auteur, en jouant sur cette double sonorité pour intituler chacun de ses tercets.

Loin de rendre les notions conventionnelles de saison, de nature et de césure qui animent cet art japonais, « Haïku-riosités Zesthétiques » (quiconque réussit à prononcer le titre de ce recueil en une inspiration, lors de sa découverte, gagne toute mon admiration!) se veut davantage une compilation de mokis ou de haïkus dit « de circonstance ». Pourquoi ? Car l’auteur n’a de cesse de s’amuser de calembours et de paradoxes, tout en respectant les contraintes académiques qu’impose cette forme de poésie. Après tout, les règles sont faites pour être enfreintes et il l’a bien heureusement compris!

D’ailleurs, cet apprenti haijin a compilé trois points essentiels dans son recueil: amusement, allusion et implicite. Des concepts fondamentaux pour les haïkus modernes, de ceux démocratisés par les journaux japonais, qui ne se veulent pas jeux de maître, mais davantage jeux d’esprit. Car ce qui m’a séduit, c’est bel et bien sa drôlerie, sa légèreté (l’auteur s’étant même essayé à l’art du senryû grivois), cette utilisation malicieuse des sonorités et cette invitation à trouver jeux de mots, double-sens ou polysémie dans chaque page écoulée.

haïku
De mâles abeilles –
Sur une chanterelle orangée
Au cumin pareils

Tous les éléments sont réunis pour les amoureux du Japon et des instants pris sur le vif : des estampes verticales et rouge sang du plasticien Jacky Essirard, un papier à la tenue épaisse rappelant le monde végétal, des plages blanches pour laisser place à la respiration. Mon seul regret : que ces haïkus se mêlent à des poèmes plus « classiques » en fin d’ouvrage, pas assez endiablés à mon goût. Quitte à être aux antipodes des canons de notre poésie classique, il fallait oser le tout-haïkou !

Reste à savoir si le prochain ouvrage de Pierre-Olivier Lombarteix ne s’intitulera pas « Tanka-tenter, Tanka-ïkus » ? Une recette savamment dosée entre 17 syllabes de haïku et 14 syllabes de tanka, porteur de sentiments humains.

Emilie Genevrier

L'explosion inévitable du volcan somnolent - Targa Kolikov
Livre étrange difficile à narrer qui ne laisse pas indifférent par son originalité avec une histoire qui n'en est pas vraiment une tout en ayant comme fil d'Ariane un personnage atteint de folie.

Trois chapitres composent ce roman avec Armand qui nous fait pénétrer dans son monde où le lecteur ne sais plus trop s'il est dans la réalité ou dans l'imaginaire de l'autre.

  • Dans le premier chapitre le narrateur tombe amoureux mais lorsque sa dulcinée montre son désire d'enfant les choses changent complètement, le fait d'être père ne l'attirant pas du tout il préfère fuir.
  • Dans le deuxième chapitre le lecteur est emporté dans une folie grandissante avec un Armand gourou qui arrive à lever une armée de fidèles près à tout pour transformer le monde. Au côté d'Armand il y a "sa femme idéale" avec laquelle il crée sa secte et qui l'entraîne dans une folie meurtrière sans borne.
  • Dans le troisième chapitre notre personnage est grabataire dans une lit d'hôpital où il va finir ses jours de façon plus qu'étrange.

Tout au long de son livre Targa Kolikov nous fait passer d'un monde à l'autre de façon habille et le lecteur se demande où il veut l'emmener.

Pour tous ceux qui aiment lire des romans qui sortent de l'ordinaire et qui n'ont pas peur de voyager dans la folie!

Catherine Chateau-Artaud

Roman

Mardi 2 Novembre 2010

The Thorn - Beverly Lewis
Livre en anglais

Il s’agit du premier volet de la Rose Trilogy. Beverly Lewis est connue pour ses romans qui se passent dans la communauté amish. Dans ce livre on découvre la vie de Rosie, une jeune amish dont le boeur balance entre Nick (un gaçon qui n’est pas de pure souche amish), fils adoptif du Pasteur qui vient de la ‘’ville’’ mais son meilleur ami et Silas, le parfait parti.

On découvre aussi Hen, sa soeur, qui 4 ans plus tôt a quitté la communauté pour se marier à Brandon, un ‘’Englisher’’ dont elle a eu une petite fille, Mattie Sue. Hannah, de son vrai nom, vit une crise et veut renouer avec son ancienne vie Amish.

L’auteur nous transporte dans les tourmentes de ces deux soeurs et nous fait découvrir merveilleusement la vie quotidienne des amish. J’ai beaucoup aimé de livre et attend le second volet, prévu en Avril.

Vanina Delobelle

Roman

Lundi 1 Novembre 2010

Quinze ans après - Alexandre Jardin
Je vous l’avais déjà dit, Alexandre Jardin fait partie des auteurs dont je ne manque aucune sortie de livre. Je les ai tous lus sans exception, je ne pouvais donc pas passer à côté du petit dernier.

Toujours très particulier dans son écriture et louffoque dans ses idées, il nous transporte dans une histoire d’amour comme à son habitude qui n’existe que dans ses livres.

Pour ce livre, il a choisi de faire revivre Fanfan et de remettre en lumière le couple Fanfan Alexandre. Par une manigance du metteur en scène et de l’éditeur de Fanfan, le couple reprend contact et Alexandre se lance dans une nouvelle conquête amoureuse de Fanfan, fraîchement divorcée. Aves ses idées folles, son vocabulaire à l’envers et ses idées extrêmes de l’amour, Alexandre va tout faire pour retrouver le coeur de Fanfan.

Encore une belle histoire. Décidemment Alexandre Jardin ne parvient pas à me décevoir…pourvu que ça dure. J’attends déjà son prochain roman.

Vanina Delobelle

Fin de saison et autres récits - Pierre-Olivier Lombarteix
Une couverture pure et apaisante, aux couleurs douces et diffuses, placée au rayon régionalisme de mon fournisseur officiel de mots, m’a permis de découvrir ce recueil de nouvelles. Cet ouvrage aurait droit, en toute honnêteté et impartialité, à un classement noble au rayon romans et littérature. Car certes, il s’agit d’un auteur de mon fief castelroussin, mais il mérite que ses digressions sur la vie s’étendent hors des frontières du Berry.

Délicat de résumer en quelques termes toutes les mélancolies, les cassures, les chutes, les grands huit et l’amour acidulé retranscrits dans cette « Fin de saison ». Je vous laisse parcourir la sélection de l’éditeur :
« Mon grand-père repose maintenant dans son village d’Auvergne, face à la montagne qui l’a vu naître et vivre mais qui ne l’a pas vu mourir. On va fermer la maison. Assis, dehors sur une pierre volcanique sombre et granuleuse, je tire machinalement sur ma cigarette. Je regarde, les yeux embués, la montagne à laquelle il est désormais lié dans l’éternité. Après toutes ces années à ses côtés, les souvenirs se bousculent et s’emmêlent dans ma tête…».

J’ai un amour particulier pour les chroniques, les instants de vie, les personnages doués d’une réalité psychologique. Alors je n’ai pu être que convaincue par cette parcellisation du temps en vingt-et-une séquences, de cette douleur traumatisante de naître à cette libération de fin de vie, qui humidifie les yeux des descendants et leur fait fermer les volets de la maison des souvenirs. Bonheurs contre troubles, douceurs contre amertumes, cette oscillation entre les différents récits m’a tout simplement ému et fait écho, comme elle pourrait toucher chacun de nous. Il ne s’agit pas des « Nouvelles sous ecstasy » de Beigbeder, pas d’autodérision, pas d’amour-propre joyeusement lacéré, mais un point commun: « Avons-nous besoin d’une pilule pour raconter notre vie à des inconnus ? Alors qu’il y a la littérature pour ça ? ». Pierre-Olivier Lombarteix a répondu à cette interrogation, en ne choisissant pas de décrire sa vie, mais la vie de tous : de ceux qui savent vivre l’amour avec légèreté, de ceux qui maudissent les dimanches vides de sens ou de ceux qui croient au pouvoir du dialogue quitte à étiqueter à leur blouson une image de « parents hors de la réalité qui croient que main levée égal échec ».

Le cadre est poétique, l’écriture fluide et évidente. Les récits sont brefs, mais intensifient l’effet produit par le texte, toujours empreint d’un charme classique. J’ai été surprise qu’un homme puisse faire couler les mots avec cette sensibilité à fleur de peau et étonnée également qu’il utilise le « e » à la fin du mot professeure, preuve d’une reconnaissance ultime. J’ai été encore plus abasourdie de lire cette lettre de Marie au Seigneur, qui montre un amour et un respect profond pour les femmes de notre Terre, toutes sans restriction : un réel coup de cœur que cette nouvelle pour la pseudo-féministe que je persiste à porter en moi. Alors merci !

Emilie Genévrier

Roman

Dimanche 4 Juillet 2010

Longtemps - Eric Orsenna
Voilà un livre qui ne m'a pas laissée indifférente, parfois passionnée et parfois énervée, trouvant l'écriture magnifique et parfois ne comprenant pas de quoi parlait l'auteur mais l'ensemble est quand même plus qu'intéressant.

Il parle d'un grand jardinier marié qui tombe amoureux d'une femme dès qu'il la voit. Il quitte immédiatement sa femme et va se mettre en quête de trouver celle qu'il n'a vu qu'un moment.

Pour la revoir et la séduire il va être le professeur de ses enfants qui prennent des cours par
correspondance. Ses corrections seront tellement originales que les enfants en parleront à leur mère et ainsi le lien s'établira. Bien sur, elle tombera amoureuse de lui mais elle ne voudra jamais quitter son mari et ses enfants étant trop à cheval sur la morale d'autant que c'est une grande diplomate qui donne l'image de l'épouse modèle.

Pendant trente cinq ans il attendra cette femme qu'il adore. Il se contentera d'attendre que celle-ci
l'appelle pour passer du temps avec lui. Chaque fois elle cherchera à rompre et il restera parfois longtemps à l'attendre. Il désirera parfois que la rupture soit réelle mais il sera toujours prêt à la retrouver. Gabriel souffrira beaucoup de cette situation et de cette attente mais jamais il n'en fera de reproches à Elisabeth.

Ce qui m'a plu:
  • Cet amour inconditionnel où la personne met toute son intelligence pour étonner l'autre et pour lui donner du bonheur,
  • L'écriture souvent très belle avec des passages très émouvants et parfois drôles.

Ce qui m'a déplu ou énervé:
  • Cette souffrance infligée qui ne semble pas tolérable car pour moi il n'y a pas d'amour véritable lorsqu'on fait souffrir l'autre,
  • Des passages tarabiscotés que je n'ai pas compris ou ressitués.

Dans l'ensemble je pense que le lecteur appréciera ce roman et cela d'autant plus s'il est romantique!

Catherine Chateau-Artaud

La Déambulation des Cœurs - Grégory Laburthe Tolra
J’ai découvert un roman fabuleux, un petit bijoux ; et je ne peux pas ne pas en parler !

Il s'agit de La Déambulation des Cœurs, de Grégory Laburthe Tolra. On le trouve peu en librairie. Il n'est pas très connu ; c'est un ami qui me l'a prêté.

Sous couvert de roman fleur-bleue, il s'agit d'une merveille de poésie, une sorte d'Émaux et Camées moderne. L'écriture est un brin désuète, le style agréablement frais.

Mais ce qui m'a laissée véritablement pantoise, c'est la densité du texte : ici, un dialogue anodin recèle une multitude de réflexions d'une phrase, d'un mot ; là, une introduction glisse discrètement une pensée, trop fine et trop intelligente pour ne pas avoir à poser le livre sur ses genoux, une seconde, et y réfléchir.

La romance est banale, deux jeunes artistes, écrivain et sculpteur, cherchent leur place dans la société, recherchent l'amour. Mais ce roman a trouvé sa place dans ma bibliothèque, et ne la quittera que pour de prochaines relectures !

Si vous avez l'occasion, si vous trouvez ce roman par hasard, ou encore si vous avez quelques euros à dépenser dans une librairie sur Internet, n'hésitez pas ! Auquel cas je serais ravie de recevoir votre réponse, votre avis...

Marie-Anne Dagues

Roman

Dimanche 13 Juin 2010

Grace 0'Malley - Ann Moore

Que de plaisir à lire ce roman qu'on ne peut pas lâcher lorsqu'il est commencé tant l'histoire est prenante.

Le lecteur se trouve plongé dans l'Irlande du début su XIXè siècle dans une famille de paysans qui a du mal à survivre et dont la fille doit épouser un riche propriétaire anglais pour sauver sa famille.

Cela pourrait être une merveilleuse histoire d'amour entre le beau seigneur et la jolie Grace mais le beau Bram a déjà perdu deux femmes de façon mystérieuse et la belle Irlandaise va devoir subir son autorité et sa violence.

Elle en prendra vraiment conscience lorsqu'elle attendra un enfant et qu'il la battra pour ne pas s'être conduit comme il le voulait. Elle fera tout pour satisfaire les désirs de son mari afin que sa famille n'en souffre pas mais les évènements mettront à jour la personnalité de l'odieux et dangereux personnage.

A travers cette famille vous découvrirez la vie des Irlandais de cette époque sombre dont de terribles famines ont fait mourir tant de gens. Tout au long de cette histoire il y a également le combat des Irlandais contre l'oppresseur Anglais. Le lecteur comprendra mieux la haine qu'ont pu avoir les Irlandais car cette occupation provoquera beaucoup de souffrances à ce peuple de paysans devant payer sans cesse plus cher pour cultiver leur propre terre.

Morgan le meilleur ami du frère de Grace, très épris de celle-ci, sera un leader de la cause Irlandaise et se battra pour améliorer la condition de ses congénères. Morgan qui est un homme merveilleux et plein d'humanisme aurait du épouser Grace mais il n'a pas voulu demander sa main car il était trop pauvre et il pensait que le riche seigneur pouvait la rendre heureuse. Il l'aimera toujours et finira par obtenir un bonheur de très courte durée.

Ce roman est à la fois historique, triste et beau tout comme pouvait l'être la vie de cette époque.
Pour les âmes sensibles, préparez vos mouchoirs!!


Catherine Chateau-Artaud

Roman

Dimanche 30 Mai 2010

Misérable Miranda - Isabel Wolff

Un livre très sympa pour les vacances ou le weekend que je vous conseille.

Si vous ne connaissez pas Isabel Wolff n'hésitez pas à tenter l'aventure en lisant ce roman qui est plein d'humour et très prenant.

C'est l'histoire d'une psychologue animalière et vous trouverez dans les descriptions et le parallèle avec les humains beaucoup de vérités.

Miranda aime son métier mais elle a sur la conscience un acte horrible qu'elle a fait à l'âge de 16 ans et qu'elle veut réparer. Elle va n'avoir de cesse que de soulager sa conscience mais les évènements ne se dérouleront pas comme elle l'aurait espéré.

L'histoire en elle-même n'est pas drôle en soi mais il y a les anecdotes liées au métier de Miranda et il y a également l'histoire de sa mère séparée de son père qui élève des lamas et qui inventent plein de solutions pour vivre de la passion qu'elle a pour ces animaux. Il y a aussi Daisy, l'amie de Miranda qui veut absolument se marier avec un homme qui n'a pas du tout les mêmes centres d'intérêt qu'elle.

Bien sur il y a des invraisemblances et là aussi par moment le lecteur sait ce qu'il va arriver c'est aussi une belle histoire d'amour et cette lecture permet un bon moment de détente.

Catherine Chateau-Artaud

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