BD

Mercredi 9 Juillet 2014

Les mystères de Taisho - Kei Tōme
Un manga polar des années 20, en pleine ère Taishō. Une époque et un contexte historique intéressants, car assez rarement traités. Sans technologie avancée, sans scène de violence aggravée, sans artifice surfait, ce manga m’a plu par son atmosphère peu commune et par ce coup de crayon version croquis, très graissé, que j’avais déjà apprécié dans le manga « Sing yesterday for me ».

Matsunomiya est détective privé. Un de ses anciens professeurs lui recommande une jeune assistante pour l’aider dans ses tâches quotidiennes. Prénommée Maya, elle s’avèrera perspicace, étonnement cultivée, mais aussi froide et peu enclin à exprimer ses sentiments. L’enquêteur découvrira rapidement sa capacité à prédire les évènements futurs et notamment les phénomènes de société, comme la mort d’Albert Einstein ou le terrible tremblement de terre du Kantō. Son passé, trouble et mystérieux, son chien borgne fidèle compagnon, cet homme l’hébergeant mais ne montrant jamais son visage, agiront comme un fil rouge fantastique à travers chaque enquête traitée.

Certes les énigmes ne sont pas toujours assez creusées, les résolutions parfois abruptes, mais l’étrangeté qui règne et les seconds rôles bien pensés amènent un joli suspense au cours de ces quatre tomes.

A lire, un petit air de charleston en tête !

Emilie Genevrier

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Dimanche 23 Février 2014

Goggles – Tetsuya Toyoda
Goggles est un one-shot compilant six tranches de vie, flirtant entre humour, fragilité extrême et violences sociales, dans un nuage de quotidiens, comme j’aime à les lire. Il nous permet d’être le témoin privilégié de moments intimes, mais sans aucun voyeurisme et bien au contraire avec délicatesse.

On croise, dans ce manga, une galerie de personnages assez riche : d’un intérimaire fauché à un amnésique amoureux à la recherche du fameux goût qui lui manque tant, d’un vieillard portant malheur à ceux qui croiseraient son regard à un couple amateur de brocantes… De ces instants insaisissables, à l’allure faussement banals, dont pourtant mille secrets restent à explorer.

Ce qui m’a séduit avant tout, ce sont cette narration très travaillée et cette [bémotion fil rouge,]b notamment en tentant de percer le regard de Hiroko, ce petit garçon muré dans le silence et cachant ses malheurs derrière une paire de lunettes de motard. Petit coup de cœur également pour le personnage ubuesque du Dieu de la misère, au physique déroutant de Tortue Géniale, et à l’humour bien pensé, qui sert d’appétissante mise en bouche pour la première nouvelle de ce recueil.

Tetsuya Toyoda a le talent d’un Taniguchi ou d’un Asano, deux de mes magakas fétiches et déjà largement célébrés. Les coups de crayons, occidentaux dans l’âme, réalistes et pointilleux, sont en effet très proches. Mais sans être une copie pure, rassurez-vous. D’ailleurs, l’auteur de « Quartier Lointain » lui-même n’a pas hésité à qualifier Goggles « d’une œuvre proche de la perfection dont la lecture l’a bouleversé ». Le meilleur argument qui soit pour convaincre les plus récalcitrants à le lire!

Emilie Genévrier

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Dimanche 5 Janvier 2014

Shaman King - Hiroyuki Takei
This manga series Shaman King written by Hiroyuki Takei takes the reader’s attention instantly.

Yoh Asakura, a shaman, is given the ultimate task. This task will put his skills to the test and his life in danger. His task is to become the Shaman king, a great fighter with a strong soul helping him. After moving to Tokyo to find his spirit soul he meets Manta Oyamada, a smart kid who has a huge dictionary with him almost all the time. He quickly became friends with Manta immediately.

With his friend Manta he decided to try to become the shaman king. Later in the story, he meets Amidamaru, a samurai from 600 years ago. He is now a soul because he died during a brutal battle against 50 of the bad king’s bodyguards. During his journey he faces many problems in which he solves them all, that is until he faces one that is almost impossible to solve. In this action-filled adventure will he become the shaman king, or will he die trying? Find out in Shaman King!

I believe that this is a good book because it is full of adventure and creativity. I recommend this to all people who like comics full of fights and uncertainties.

Alexis Delobelle

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Mon année - Jean-David Morvan & Jiro Taniguchi
« Mon année », c’est la rencontre de Jean-David Morvan, scénariste français confirmé, et de Jirô Taniguchi, dessinateur japonais, étonnamment inspiré par des paysages normands en aquarelle qu’il n’a pourtant pas l’habitude de porter sur ses planches de mangaka. Un manga format BD, colorisé, avec couverture hyper-rigide, à feuilleter dans le sens de lecture latine, qui évoque avec pudeur et humanité le thème de la trisomie 21.

L’histoire en quelques mots…
Capucine, 8 ans de vie, 8 années à ressentir le mal-être, les incertitudes, les conflits que provoquent sa condition, mais aussi les infimes moments de bonheur générés par un progrès ou un sourire lors d’une séance d’équitation d’éveil. Son handicap, lourd mais pas fourvoyant, contraint néanmoins sa directrice d’école à suggérer à ses parents un placement en IME. Un sigle difficile à envisager pour l’avenir de leur fille et trois lettres qui vont les conduire à se déchirer, s’éloigner voir à se perdre, tant la souffrance et le désespoir les morfondent. Des états, des attitudes, des changements comportementaux que Capucine ressent, interprète avec ses yeux d’enfants et qu’elle confie parfois naïvement à son chien « garçon ».

Mon avis…
Pas d’édulcorant, pas de mièvrerie, pas de guimauve pataude, juste une intelligence, une prise en compte et en charge de chaque personnage, une étude poussée de leur ressenti et une finition professionnelle ressortent de ce premier volume, nommé « Printemps ». Le récit peut certes paraître lent, stagnant, mais il laisse le temps aux lecteurs de mûrir chaque question soulevé : est-il possible d’assembler sans fausses notes les pièces du puzzle vie de famille-vie conjugale, quand un petit être trisomique est venu compliquer et embellir la donne ? N’a-t-on pas tendance à fuir, à chercher l’oxygène loin des nôtres, trop porteurs de souvenirs et de traits soucieux ? Les yeux d’un enfant souffrant de ce symptôme sont-ils plus concrets ou bien plus rêveurs ? Les auteurs n’enfoncent pas non plus ce thème dans une lourdeur glauque et dérangeante, les situations sont justes réalistes, les mots profonds, mais non pesants. Au contraire, les croquis colorés allègent et fluidifient l’histoire, même si les traits du mangaka sont assez mécaniques et répétitifs. J’aurai peut-être apprécié avoir plus de nuances dans les regards, notamment pour mettre en exergue les angoisses et appuyer davantage le texte de Jean-David Morvan.

J’attends désormais la venue de « l’été », avec une certaine impatience, pour comprendre où aboutira chaque protagoniste, pour profiter à nouveau de ce ton franc et sans équivoque, mais également de ces sentiments, ni simplistes ni moroses, mais tout bonnement vrais.

Emilie Genévrier

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RistoranteParadiso/Gente – Natsume Ono
Buongiorno e benvenuto al ristorante Casetta dell'orso ! Un restaurant romain, où des gentlemen serveurs, tous sosies grâce à leur uniforme de charmeurs mâtures, accueillent des dames, pantoises d’admiration et conquises par une « galant-ittude » surannée, dont la jeunesse italienne s’est malheureusement détournée. Venez découvrir le quotidien de Nonno, l’homme politique égaré qui consulte sa petite-fille Rosa chaque matin en tant que grande devin prédicatrice, de Nicoletta qui s’amourache péniblement d’un homme d’âge, plus certain que mûr, ou bien de Lorenzo face à une paternité tardive et inopinée.

Mon avis :
C’est un voyage, sans continuité temporelle logique, dans la Vera Vita. Un manga tranche-de-vie aux accents italiano, où la cuisine raffinée sud-européenne et où le charme de latins cinquantenaires, porteurs de lunettes de presbytes et aux vestons bien coupés, prennent tout leur sens.
La classe italienne anoblie par une bd japonaise et une mangaka ! Un beau paradoxe que nous propose son auteure, Natsume Ono, qui lasse de son ancien pseudonyme Basso, n’en a pas pour autant quittée son coup de crayon yaoi (mangas dédiés aux relations amoureuses homosexuelles)
et sa passion pour les personnages androgynes : Claudio, Luciano, Vito…ont tous cette allure bishonen (c’est-à-dire féminisée), longilignes, aux visages creusés, aux traits marqués, pas nécessairement montrés sous leurs plus beaux atours, mais vrais, authentiques, comme l’est l’Italie.
Le style graphique y est en effet épuré, il peut être déconcertant car un brin alternatif pour certains
traditionnalistes, quelque peu sec et abrupt, mais pas austère pour autant, rassurez-vous. En tous
cas, il est reconnaissable, fin, avec une patte bien stylisée, et même la couverture, plus épaisse avec
effets relief au toucher, m’a attiré par sa cassure avec tous les codes existants. Les caractères sont
attachants et réalistes. Les focalisations par chapitre sur chaque personnage sont bien montées et
fouillées.
Je vous conseille de commencer par la lecture du one-shot « Ristorante Paradiso », pas une
préquelle, mais un passage obligé pour bien assimiler l’ambiance si particulière qu’a su instaurer
la mangaka. De passer ensuite par l’étape animé, le petit bijou du moment. Puis vous serez fin prêt pour découvrir le triptyque « Gente ». Une chronique, un peu courte à mon goût, qui aurait pu prolonger son existence à travers les décennies, mais qui permet à ce petit monde ordinaire de devenir sympathiquement attachant et qui nous donne ainsi envie de nous promener dans les ruelles
de Rome en quête du fameux paradis.

Emilie Genévrier

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Vendredi 2 Janvier 2009

Un drôle de père - Yumi Unita
Daikichi, trentenaire bientôt relégué à la case « vieux garçon », dont le charme ne fait que peu vaciller le cœur de ces dames, est quasi phobique de ces petits bonshommes hauts comme trois pommes, qui hurlent et gigotent à tout va, et que l’on appelle communément : les enfants. Et le destin, toujours aussi joueur avec les hommes, va le placer face à sa pire crainte : devenir père par procuration de l’un de ses êtres adorablement maléfiques!

Pour vous mettre en bouche :
Le jour des obsèques de son aïeul, Daikichi découvre l’existence de Rin, fillette réservée qui est née des amours tardifs de son grand-père et d’une mystérieuse inconnue. Aucun membre de la famille ne souhaite accueillir Rin, trop « illégitime » et symbole des amours cachées d’un octogénaire pour susciter l’intérêt de ses grandes, voire très âgées, sœurs. Face à ce manque de compassion et d’humanité, Daikichi décide de devenir son tuteur légal et l’entraîne dans sa vie de travailleur urbain. Habitué à penser pour un, à dormir dans des locaux professionnels, à ne changer les draps qu’une fois recolorisés en jaune écœurant, à ne jamais fréquenter les rayons 0-6 ans des boutiques…il va devoir concevoir une vie en duo, muter de service pour bannir de trop accaparantes heures supplémentaires, calculer par de savants schémas le parcours maison-crèche-travail le plus optimal pour son emploi du temps…mais ses efforts seront récompensés. Le partage, le don de soi, même avec maladresses, vont être gage de confiance pour Rin, qui va s’ouvrir et devenir plus expansive. Seul ombre au tableau dans ce nouveau binôme, l’absence et les mystères qui entourent la mère de Rin. Un nom sur un carnet de santé comme unique indice de départ vont permettre à Daikichi de mener une enquête sur les origines de sa nouvelle protégée.

Mon avis :
La trait de la mangaka est très épuré, sobre, sans grisé excessif. Un graphisme light que mon œil a particulièrement apprécié. Le scénario est crédible grâce à des scènes du quotidien japonais, le duo Daikichi-Rin touchant et rempli d’authenticité, pour aborder avec délicatesse, voire drôlerie, les thèmes de la monoparentalité masculine et la difficulté d’inculquer une bonne éducation à une enfant qui nous est inconnue. Un récit en deux tomes, avec un petit dernier qui arrive en Mars (et un quatrième déjà paru au Japon), qui donne envie de ré-intituler «Un drôle de Père » par «Un tendre Père », tant le réalisme de l’histoire nous rend ces personnages si attachants !

Emilie Genévrier

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Mercredi 29 Octobre 2008

Hotel Africa - Park Hee Jung
Des tranches de vie compilées, un petit métisse attachant porteur d’instants vrais comme il en existe peu, un panel incroyable de personnages folkloriques et de situations touchantes, un mélange de nostalgie dans le désert américain et de modernité dans le monde artistique actuel…un pur et authentique instant de bonheur que ce manwha ! Car oui, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas parler manga mais manwha : deux lettres de différence pour une origine géographique distincte, le passage du « made in Japan » au « made in Korea ».

Bienvenue à l’hôtel Africa :
Bonjour et bienvenue à l’hôtel Africa, fief retiré dans l’Amérique profonde des années 1960, où un charmant bambin couleur chocolat craquant, prénommé Elvis, vit avec sa mère et sa grand-mère, toutes deux blanches comme l’apprécie le conformisme retardataire des villageois de cette contrée. Une paire de lunettes de grand voyageur sur la tête, Elvis, intrépide et vif, grandit à travers deux écrans : celui de la télévision, le tube à images et merveilles qui le captivent tant, et celui qui défile aux passages de chaque client, généralement haut en couleurs et en vécu. Rencontre avec l’instinct et la poésie indienne, retrouvailles qui font remonter à la surface de sombres ou lumineux souvenirs, b(amours inavouables de Roméo et Juliette modernes,]b bravoure inconsidéré de jeunes damoiselles qui bravent le ciel et la mort…Elvis met en corrélation sa vie actuelle d’étudiant en cinéma avec son enfance dans cet hôtel décalé et atypique, où l’on aimerait tous un jour déposer ses valises pour prendre un thé chaud avec un pancake fait-maison.

Un coup de cœur : ni plus ni moins !
Graphiquement, narrativement, émotionnellement, j’ai été séduite, voire conquise, par ce manwha bonheur. L’auteure, pleine de talent, dépeint des personnages, que la vie a parfois égratigné, mais toujours avec une joie communicative dans le récit. Le décor US, dans le style « Bagdad café », nous prend, nous happe et nous propulse dans le monde de l’attendrissant Elvis, rempli de tolérance et d’entraide. Ce livre est intergénérationnel, ouvert aux lecteurs ou lectrices, s’adressant à ceux qui aiment actuellement, n’aiment plus comme avant et aimeront bientôt de manière inconsidéré. Un petit bonheur qui débarque de Corée en 6 actes. J’en ai déjà dévoré 1…avec plaisir, 2…avec bonheur, 3…bientôt et je ne serai pas encore rassasiée, tant des traits fins et des mots choisis peuvent apaiser.

Emilie Genévrier

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Mercredi 22 Octobre 2008

Le Sablier - Hinako Ashihara
B[Un peu de douceur dans ce monde de shonen combatifs,]b qui reprennent parfois trop fortement à mon goût leur sens littéral de « sang bouillant », ne nuit pas…voilà le sentiment premier que m’évoque ce manga. Une histoire d’amour, complexe comme elles le sont. Des incertitudes, comme une effusion de points d’interrogations dans un esprit d’adolescent. Des départs, programmés par le planificateur destin ou par la volonté « de ne plus »…et 14 années à diffuser sans retenu possible des grains de sable dans ce goulot fragile et rétréci qu’est le sablier.

B[Une amorce pour vous donner envie :]b
Un divorce, un déménagement, un village maternel et des souvenirs avec lesquels il est dur de renouer : des points de départ qui conduisent An, notre héroïne, dans la contrée montagneuse qui a vu grandir sa mère. B[Elle gardera avec elle, précieusement, un sablier miniature, achat post-visite d’un musée hébergeant]b le plus grand sablier du monde : un zoom concret symbolisant la vie qui s’écoule pour chacun.

Campagne contre ville, inconnus contre amis de longue date, An s’accoutume péniblement à ce nouveau chez-elle et à ces grands-parents un peu froids, comme les lieux qui entourent leur maison. Une adaptation à une existence bis qui laissera peu de temps à An pour voir le mal-être de sa mère face à ce flash-back obligatoire, qu’elle a pourtant cherché à fuir il y a bien des années. Mais, petit grain de sable porteur d’espoir, Daigo va bientôt entrer dans le nouveau monde d’An, pour le colorer…malgré de futures épreuves qui lui montreront que le sablier est cassable, que le sablier peut accélérer sa vitesse d’écoulement sans y prêter garde, que le sablier ne connaît pas le mot « retour ».

B[Mon avis :]b
J’ai déjà parcouru, en délectant chaque seconde écoulé, 4 volumes de ce manga. B[Je suis impatiente de rapprocher les première et dernière scènes]b (toutes les deux conjuguées au présent avec un passé lourd de 14 ans pris en sandwich)…10 volumes au total qui feront se rejoindre l’actuel. B[Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’un amont de sentiments guimauve,]b car des thèmes plus délicats viennent ponctuer la vie d’An, comme le suicide, l’acceptation de la disparition d’êtres chers ou la dépression. Un manga doux, languissant, mélancolique, aux traits délicats comme l’est la narration. B[Certes, les grains de sable ne s’écoulent pas à vitesse effrénée, mais le manque d’actions, que certains vigoureux pourraient reprocher à ce shojo, est largement compensé par le message que nous transmet ce Sablier : « chérissons le temps qui passe ». ]b

Emilie Genévrier

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Mardi 12 Février 2008

Je ne suis pas un ange - Ai Yazawa
B[Quand une mangaka de talent démarre et couche en pré-publication sur le magazine « Ribon » son premier shojo, on découvre un succès originel,]b loin d’être parfait et parfois trop simpliste à mon goût, mais qui a marqué bon nombre de lecteurs japonais et qui était déjà la prémisse de belles œuvres à venir. Le considéré culte « Je ne suis pas un ange » de Ai Yazawa a débarqué en France après ses descendants directs, que tous les amateurs du genre connaissent, mais sous un format déconcertant qui ne peut qu’attiser la curiosité.

B[C’est une sorte de long roman d’amitié,]b comme le dirait Elsa, qui naît dans le tome 1 et conduit notre héroïne, Midori Saejima, vers son Sûdo à la coiffure très sixties et aux silences lourds à cerner, vers Mamyrin élève modèle et acharnée qui va découvrir quel soutien réconfortant peut amener une confidente, vers sa professeur d’art qui l’encouragera à crayonner pour animer en images les fêtes de fin d’année…Plus de 2 ans de vie lycéenne concentrée en 4 tomes, avec le panel d’émotions et de découvertes que supposent ces années adolescentes charnières.

B[Mon avis :]b
Ma main a bondi sur ce manga, dans le rayon du libraire, pour deux raisons évidentes : bien sûr c’est un Ai Yazawa (auteure entre autres de Nana, de Gokinjo, de Paradise Kiss…bref de mangas qui rendent à la fleur bleue du shôjo un violacé plus complexe qui captive), ensuite pour son format de luxe (en poids égal à 3 volumes classiques). B[Certes pleuvent les bons sentiments, une intrigue quelque peu prévisible, des regards moins travaillés qu’à l’accoutumé : il ne faut pas vouloir retrouver la finesse de la Yazawa « mature »]b (qui s’est vraiment bonifiée au fil des ans, je crois), mais juste profiter de ses personnages (surtout les seconds rôles), rapidement attachants et qui nous font malgré tout participer au jeu addictif du « je veux connaître la suite ».

Je conclurai juste en vous rappelant que les premières fois sont toujours émouvantes, mais jamais les plus marquantes en terme de qualité…c’est ainsi que je vois ce petit ange, pas tombé du ciel ni de la dernière pluie, mais qui met diablement du boom au cœur !

Emilie Genévrier

BD

Mercredi 6 Février 2008

Babe My Love - Yoko Maki
B[Quand un dragueur invétéré devient une maman modèle,]b plus poule que la mère Noël avec ses lutins, on voit le visage illuminé d’une enfant, qui trouve, en une mère d’adoption fantasque, un nouveau port d’attache, porteur d’une véritable stabilité. B[C’est le thème mi-humour, mi-amer, qui rythme ce manga.]b

Kippei, 17 ans, les hormones en constante bataille, collectionne les conquêtes. Son charme fou en fait la coqueluche du lycée, mais son manque d’assiduité lui vaut la place du cancre de la classe. Jusqu’au jour où la petite Yuzuyu, sa cousine maternelle, débarque dans sa vie. Abandonnée par sa mère, dépressive et trop instable pour assumer seule son enfant, la fillette trouve refuge chez sa tante. B[Pour le responsabiliser davantage, la grande sœur de Kippei l’oblige à devenir la nounou attitrée de la fillette au regard d’ange.]b L’accompagner à l’école, lui préparer ses bento, retrouver le goût enfantin de faire de quelques grains de sables un superbe château…feront partis de ses missions quotidiennes. B[Très vite, le terrible coureur de jupons immature va se montrer tendre,]b attentif, dévoué : de nouvelles qualités qui le conduiront même peut-être à devenir l’homme d’une seule femme.

B[Mon avis : ]b
Les regards purs de Yuzuyu, la maladresse de grand frère Kippei quand il lui prépare son premier onigiri, l’amour possessif qu’il développe envers la petite malgré cette mère qui a clamé « un jour je reviendrai » m’ont touché. B[Ne vous fiez pas à l’apparence enfantine de la couverture, car même si les bons sentiments sont les ressorts principaux de cette histoire, les personnages sont finement dessinés]b et certains caractères, comme la dure et complexe sœur ainée, effet comique de nombreuses scènes familiales, est pour moi l’un des plus pensés et des plus soignés, preuve que le jeune public n’est pas l’unique destinataire. B[7 volumes (oui seulement 7) composent cette saga « Babe, My Love », « Aishiteruze baby » dans sa version originale, qui a également été décliné en animé.]b

Emilie Genévrier

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