Histoire

Mercredi 15 Novembre 2006

Les Dames du Lac - Marion Zimmer Bradley
Malgré l’opinion parfois tranché de l’auteur sur le catholicisme, cette saga est une des plus merveilleuse évocation de la légende du roi Arthur que l’on puisse lire !
Jusqu’ici, les prêtresses d’Avalon étaient vues comme de malfaisantes sorcières (un point de vue résolument masculin et catholique), mais, le talent de MZB est de nous les présenter, à travers une épopée époustouflante, comme de simples femmes qui luttent avec leurs moyens pour survivre au milieu du bouleversement religieux et culturel qui secoue la Grande-Bretagne de cette époque.

Tome 1 ~ Les Dames du Lac
Tome 2 ~ Les Brumes d’Avalon
Tome 3 ~ Le Secret d’Avalon
Tome 4 ~ La Prêtresse d’Avalon (posthume)
Tome 5 ~ La Colline du Dernier Adieu (indépendant)

Notes
=> "Les Dames du Lac" a obtenu, en 1986, le Prix du Grand Roman d’Evasion.
=> Marion Zimmer Bradley est décédée en 1999. A sa disparition, c’est son amie la romancière Diana Parson qui acheva l’écriture de "La Prêtresse d’Avalon", quatrième et dernier volet de la saga.

Citations

"Oui, en ce temps-là existait un grand secret, accessible à tous les hommes doués de connaissance, qui savaient que le monde, chaque jour renouvelé, ne peut se bâtir et survivre que spirituellement."
Les Dames du Lac

"Demeurez silencieux maintenant, mes enfants, et implorez la Dame d'allumer une lumière à l'intérieur de votre propre obscurité, car même si vous l'ignorez, elle est plus profonde, plus dangereuse que cette nuit qui enveloppe le monde."
Le Secret d'Avalon

Julie Duteis


Roman


La forêt des ombres - Franck Thilliez
Je viens de terminer "La forêt des ombres" de Franck Thilliez et je vous fais un simple petit commentaire dessus car je pense qu'il faut simplement donner envie de le lire sans en raconter l'histoire.

Je ne suis pas une grande passionnée de polar mais les présentateurs de l'émission du magazine de la santé de la 5 m'ont donné l'envie de le lire et je n'ai pas été déçue.
Ce livre ne se lit pas il "s'avale".
Dès qu'on commence à le lire on veut continuer pour en connaître la suite.
Ce n'est pas le genre d'histoire à raconter car il faut la découvrir et entrer au fur et à mesure dans l'énigme qui nous tient en haleine de bout en bout, même si nous nous forgeons notre propre scénario. Nous entrons en plein coeur de la folie et de la pervertion et les images se dessinent en nous comme si nous y étions.
Son seul défaut c'est qu'on a du mal à le lâcher!!!!

Un livre pour les passionnés de polar et les autres, à ne pas râter!!!

Catherine Chateau-Artaud


L’Afrique au cœur-Carnets d’explorateurs français au XIXes - Olivier Loiseaux et France Duclos
Coédition Seuil/La BNF 2005.

Que ceux qui détestaient la géographie à l’école se ravisent ! Voilà un livre bien nommé qui nous plonge au cœur de l’Afrique et nous frappe au cœur avec ses cartes et ses lithographies de collections. Un travail splendide comme la plupart des éditions dirigées par la Bibliothèque nationale de France qui ravissent les bibliophiles.
Un beau livre aussi agréable pour les yeux qu’instructif. Remarquable travail de cartographies alternées de croquis d’explorateurs au coup de crayon magique comme René Caillié.


Fascinante Afrique ! Comme le rappelle l’introduction, « si les côtes (africaines) sont reconnues dès le XVIes par les navigateurs portugais, l’intérieur du continent reste largement mystérieux (…) « Il faut attendre les premières décennies du XXes pour voir le continent africain au centre d’un vaste mouvement d’exploration ». Suite à trois événements majeurs : l’expédition de Bonaparte (1798-1801), le voyage de René Caillié (1827-1828) et la prise d’Alger en 1830.
La société de Géographie ne verra le jour qu’en 1821.

Expéditions militaires ou expéditions scientifiques, explorations solitaires entreprises par des voyageurs lettrés et artistes curieux du monde, l’approche n’est pas la même. Cependant toutes serviront consciemment, ou malgré elles, le désir d’inféoder l’Afrique, de la mettre sous tutelle, de la coloniser.

L’ouvrage est construit en deux parties : La première met l’accent sur l’explorateur en tant qu’individualité, présentant les différents visages de l’explorateur, distinguant par exemple les « voyageurs solitaires » des « scientifiques ». La dernière s’attache à décrire l’exploration et la collecte d’informations. Elle retrace l’histoire de la cartographie sous l’angle pratique et corrélé à l’Afrique.

Une somme bibliographique. Mais aussi une approche intime, au cœur des carnets des explorateurs français ; et une approche précise, historiant la géographie d’un nouveau continent dont nous avons encore aujourd’hui, enfin débarrassés du colonialisme sans l’être tout à fait des préjugés de supériorité liés à son histoire, tout à connaître.

A offrir ou à s’offrir.

Elise Mark-Walter


Enfants


Couleur Chagrin – Elisabeth Brami/Georges Lemoine
Sujet douloureux et délicat à aborder, la mort fait pourtant partie intégrante des discussions à amorcer avec son enfant. Parfois maladroit et impuissant face à cette notion, qui même pour un adulte reste entourée de mystère, il est difficile de trouver les mots justes. Un livre, un personnage animé, une illustration peuvent aider les parents à expliquer ce qu’est une disparition, en ne niant pas qu’il s’agit d’un processus naturel, inéluctable et en faisant part de leurs croyances à leurs chères petites têtes blondes.
Le livre "Couleur Chagrin" va dans ce sens, avec poésie et pudeur : parler de la douleur causée par la perte d’un proche, sans tabou, mais sans pour autant chercher à l’atténuer.

Mon avis :
Monsieur Eclipse, petit bonhomme narrateur, suggère avec délicatesse et sans brusquer les enfants. Les comptines tentent de répondre à la lourde question : « Est-ce qu’on s’habitue au chagrin ? » et permettent aux petits de s’interroger sur ce thème. Les aquarelles de Georges Lemoine évoquent avec une sobriété et une naïveté nécessaire l’absence, le manque, le silence. Un livre que je trouve tout simplement magnifique, sans être noir, car il explique que la lumière revient et que la vie continue son chemin, même sans elle ou sans lui.

Mon conseil :
A partir de 4/5 ans

Emilie Genévrier


Magazines

Samedi 11 Novembre 2006

Créatif spécial Cartes 3D
Un trimestriel pour les amateurs de loisirs créatifs, concepteurs de cartes maison, qui souhaitent dénicher de nouvelles techniques ou s’inspirer des modèles présentés pour ensuite personnaliser leurs créations. A chaque numéro, ce magazine décline une thématique en fonction des traditions saisonnières et des fêtes du calendrier. De quoi ravir vos proches tout au long de l’année !

Mon avis :
Je ne manque jamais sa sortie chez le libraire, car je sais d’avance qu’il renfermera de nouvelles idées. J’apprécie sa diversité, son adaptation tant en termes de couleurs qu’en termes de formes, suivant l’arrivée du printemps, doux et pastel, ou suivant la prochaine venue du Père Noël, amateur de couleurs chaudes et flamboyantes pour réchauffer les cœurs. Et surtout, petit bonus pour enrichir son bric-à-brac de bricoleur papier : des feuilles à découper pour créer des motifs 3D, avec la possibilité de rajouter paillettes, breloques ou autre neige structurée.

Mon conseil :
Pourquoi ne pas confectionner vous-même vos cartes, vos étiquettes cadeaux, vos porte-noms et vos menus pour les fêtes de fin d’année, grâce à ce magazine qui regorge de trouvailles et qui saura animer les plus récalcitrants aux travaux manuels et ravir les enfants !

Emilie Genévrier


Roman


Le soleil se lève aussi – Ernest Hemingway
Le décor est planté : Paris dans les années 20, des expatriés américains noient leur malheur et leurs blessures dans l’alcool et la fête. Jake, journaliste dans ses rares instants de sobriété, entre un vin blanc matinal et un calvas nocturne, est désespéramment amoureux de Brett Ashley. Cette aristocrate, à la beauté irrésistible, n’est malheureusement pas d’une nature fidèle…les plaisirs sensuels remplacent un attachement amoureux, incompatible avec sa nature sauvageonne. Toute cette tribu titubante décide de partir en Espagne, à Pampelune, pour la San-Firmin. Au rythme de la tauromachie et des dérives festives, de nouvelles passions et d’innombrables jalousies vont faire comprendre à Jake qu’il ne réussira jamais à capturer le cœur de la belle Brett Ashley, animal indomptable, trop avide de liberté.

Morceau choisi :
«Elle éteignit sa cigarette :
-J’ai trente-quatre ans, tu sais. Je ne veux pas être une de ces garces qui débauchent les enfants.
-Non.
-Je ne veux pas devenir comme ça. Je me sens vraiment bien, tu sais, vraiment d’aplomb.
-Tant mieux.
Elle détourna les yeux. Je crus qu’elle cherchait une autre cigarette. Puis je vis qu’elle pleurait, qu’elle tremblait et qu’elle pleurait. Elle évitait de me regarder. Je la pris dans mes bras. »

Mon avis :
Le style Hemingway dans toute sa splendeur : des phrases courtes, percutantes, peu de qualificatifs, une priorité donnée aux dialogues et un moindre attachement à la psychologie. Le lecteur laisse ainsi voguer son imagination pour combler les zones d’ombre volontairement semées par l’auteur. J’ai particulièrement aimé ce style « désenchanté », toute cette désillusion environnante, ces fêtes forcenées, cette dignité qui s’effrite. Et surtout, il ne faut pas oublier, que ce livre reste un récit de voyage entre le Paris artistique de l’époque et la feria de Pampelune. De quoi envoûter les aficionados et amoureux de l’Espagne !

Emilie Genévrier


A propos des auteurs

Vendredi 10 Novembre 2006

Eléonore Spadoni
La lecture et moi c’est comme Astérix et sa potion magique, je suis tombée dedans toute petite !!!

Avant de savoir lire, tous les soirs avant de m’endormir, je profitais de ces instants magiques où mes parents, chacun leur tour, me racontaient une belle histoire, un beau conte, un poème afin que je puisse faire de beaux rêves !!!! Pour rien au monde je n’aurais raté ces rendez vous quotidiens !!

Quelques années plus tard, lors de mes vacances helvètes, je traînais mes guêtres allant de découvertes, en découvertes dans la librairie familiale !!

En prenant un malin plaisir à faire réciter ses textes à mon acteur de papa, je découvris le théâtre (en suivant répétitions et tournées) et ses auteurs (classiques et contemporains).

Et puis, un jour, au moment où je ne m’y attendais plus, j’ai eu ce coup de foudre littéraire, celui qui transporte, celui qui boulverse avec L’Invention de la Solitude de Paul Auster. Depuis, fidèle, je ne rate jamais la lecture de ses nouveaux ouvrages.

Domaines de littérature préférés :
Le théâtre : Molière, Shakespeare, Corneille, Racine, Feydeau, Beckett, Bretch
Les polars : Agatha Christie, James Ellroy, Dashiel Hammett….
La poésie : Saint John Perse, René Char, Paul Elaurd
La littérature américaine contemporaine (Paul Auster, Ernest Hemingway, Maupin), La littérature européenne contemporaine : Javier Marias, Umberto Ecco, Stefan Zweigh, Sartre, Duras…..
Mais je n’oublie pas :
Les classiques : Diderot, Voltaire, Stendhal, Maupassant…

Mais aussi, les livres de recettes de cuisine d’ici et d’ailleurs, les guides de voyages, les guides de développement personnel et professionnel, les livres de photographie et les livres d’arts sur mes peintres préférés : Kandinsky, Nicolas de Staël, Georges Braque, Matisse, Picasso….

Mon blog: http://eleonore.blogemploi.com


Roman


Le dernier chasseur de sorcières - James Morrow
"En 1688, Jennet, fille d'un célèbre chasseur de sorcières, a douze ans. Sa tante Isobel, grande admiratrice de Newton, se voit accusée de sorcellerie parce qu'elle a réussi à expliquer des phénomènes naturels tenus jusque-là pour divins. Jennet part à Cambridge dans l'espoir de convaincre Newton de venir témoigner à son procès. Mais Isobel est condamnée au bûcher et Jennet jure de consacrer sa vie à l'abolition de la loi contre la sorcellerie..."

Racontées par le livre "Philosophiae naturalis principia mathematica" d’Isaac Newton, les aventures de Jennet vous feront aller de l’Angleterre puritaine, qui brûle ses sorcières, à Nouveau Monde, qui ne fait pas mieux, en passant par une île déserte, où se terrent des esclaves en fuite et les forêts de Pennsylvanie où vivent les Micmacs.

Procès en sorcellerie, amour de la science, relation avec les grands hommes de l’époque, tout, vous saurez tout sur les tribulations de Jennet pour faire abolir cette loi archaïque !

On y croise le Dr Cavendish, fier propriétaire d’un musée des horreurs, Isaac Newton, un peu fou mais toujours vaillant, Benjamin Franklin, amoureux des mots, Montesquieu, défenseur de la logique et bien d’autres.

Certains passages sont un peu lourds, mais le reste est savoureux !

Jennet risquera donc sa peau pour l’amour de la science, pour prouver au monde que les démons ne sont qu’une vue de l’esprit.

A savourer !!!

Julie Duteis


La culture du sang. Fatwas, femmes, tabous et pouvoirs - Amin Zaoui
Paru en 2003 chez "Le serpent à plumes".

Un titre programmatique. Pour un livre en forme de cri qui met le feu aux globules du sang.
Né en Algérie dans la région de Tlemcen, Amin Zaoui est un écrivain doué qui écrit indifféremment en arabe et en français. Après avoir dirigé le Palais des arts et de la culture à Oran, il est forcé de quitter l’Algérie pour la France devant la violence de la censure et des fatwas qui pèsent sur les intellectuels algériens, dont la parole est jugée par les intégristes trop émancipée. Trop émancipatrice, sûrement.


Un rôle clef au contact de la culture vivante qui a permis ce livre-témoignage qu’est la Culture du sang.
Entre 1995 et 1999, Amin Zaoui donne des conférences partout en Europe pour l’université de Paris VIII.
Il confiera que « ce recul (lui) a permis de voir l’Algérie de l’extérieur et de méditer sur (son) pays, sur (lui)-même…

Dans La Culture du sang, l’écrivain rend hommage, à travers une forme libre qui tient de l’essai, de la prière, de la harangue et du cantique, à toutes les victimes du fanatisme. Il recontextualise la montée des fatwas avec l’islamisation du FLN. Celle du Cheikh Abderrahmane Chibane, ministre des affaires étrangères quand il la proclame en 1981 : « Quiconque nie le caractère du jeûne mérite la peine capitale et son corps ne sera pas inhumé dans un cimetière musulman. »

Musulman, il n’hésite pas à mettre le doigt là où ça fait mal, à s’insurger contre ce qu’il considère comme un trait de l’islam islamisé : La Culture du sang.
Ce sang, pulsion de mort et d’oppression, stigmate de la haine, omniprésent dans la fête de l’aïd (« on apprend à tuer ce qu’on aime sans remords »), la circoncision et surtout l’infâme excision. Squattant le langage, et preuve impudique dans la cérémonie qui précède le mariage, vérifiant l’intégrité de l’hymen. « Ainsi le sang se banalise. » résume-t-il en une phrase couperet.

Il raconte les faux-barrages, la peur, les plus grands intellectuels algériens en exil ou assassinés, les amis qu’il a perdus et l’Islam qui se perd. La beauté du soufisme. Hommage à Kateb Yacine, à Oud-abderrahman Kaki…

Mais Amin Zaoui ne livre pas un chant sans espoir.
Sa plume aussi précise, argumentée que lyrique, est émaillée de passages qui disent la vie de son écriture serrée pleine de déliés poétiques :
« Les chanteurs , comme les prophètes, délirent dans la pleine raison. J’entends le bruissement de la mort ou de la mer. J’entends la grisaille d’une femme blessée qui crie ou qui chante : « pour ne pas mourir, je suis plurielle. » Géographie de caresses blessées. Ô mon ami qui pars ce soir, reste, une heure de plus, une heure encore(…) Nous partagerons un verre de vin, cuvée de Mascara ou cuvée de Président. »

A lire de toute urgence. Pour ceux qui croient en la vie. Pour ceux qui se refusent à voir se réduire à une caricature extrême, à censurer-claquemurer ce monde arabe qui nous a déjà tant apporté.

Elise Mark-Walter


Enfants

Lundi 6 Novembre 2006

L’Amoureux – Rebecca Dautremer
Quand on est haut comme trois pommes, le sentiment amoureux est une notion familière, certes, mais un peu abstraite ou tout du moins difficilement définissable.
Dans ce livre pour enfants, le petit Ernest a pour cible perpétuelle Salomé : lui tirer les cheveux ou lui faire tomber ses lunettes intentionnellement font parti de ses jeux favoris. La maman de Salomé explique à sa fille qu’Ernest est amoureux d’elle et qu’il lui montre son affection à sa manière, par des taquineries quotidiennes. Mais Salomé se pose une grande question : « C’est quoi être amoureux ? ». La petite, intriguée et en quête de réponses, part alors voir ses camarades dans la cour de récréation. Chacun vient ainsi lui donner sa propre vision et sa définition de l’amour.

Mon morceau choisi (Une des phrases les plus touchantes) :
"Il ne faudrait pas être tout nu, par hasard, pour faire l'amoureux ?"

Mon avis :
Rebecca Dautremer nous emmène, petits et grands, dans un univers poétique et rempli d’humour, grâce à des illustrations attachantes à souhait. La petite communauté des enfants, qui sont les uniques protagonistes de ce livre, revisite à leur manière des expressions de la langue française. Avec leur innocence et leur petite expérience de la vie, ils croient par exemple que «tomber à Moureux» (preuve que les sonorités peuvent jouer des tours) c’est chuter dans le vide. Un ouvrage merveilleux à parcourir avec le cœur ouvert et l’œil enfantin, pour savourer pleinement le coup de crayon féerique et précis de l’illustratrice, tel que le dessin d’une jeune femme, malade d'amour, avec un ballon en forme de coeur pesant sur sa poitrine.

Mon conseil :
Pour les enfants à partir de 3 ans.

Emilie Genévrier


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