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Densha Otoko - Hara Hidenori  Vendredi 23 Février 2007


Densha Otoko - Hara Hidenori
Une fois n’est pas coutume, je ne vous présenterai ni un shojo ni un josei dans cette rubrique manga, mais un shonen, comprenez un manga dédié à la gente masculine. Ce manga, également disponible en roman, en série sur la chaîne Fuji TV et en film (paru en 2005 sur les écrans nippons et que l’on m’a dit très bien filmé) propose une trame originale et rempli d’humour, basée sur une histoire vraie.

Densha Otoko, qui signifie littéralement « l’homme du train » en japonais, nous compte les aventures sentimentales d’un otaku (un jeune homme friand de jeux vidéo qui s’isole dans ce monde virtuel et dont la vie sociale n’est pas très développée). Il n’est donc pas la caricature même de l’homme épanoui et serait plutôt son contraire : maladroit, gauche, réservé, fluet, avec un style vestimentaire très personnel et hors du temps (chemise à carreaux, sous-pull peu saillant, cheveux n’ayant pas vu les lames d’un ciseau de coiffeur depuis des lustres et lunettes loin d’être conçues par un designer) et surtout totalement inexpérimenté en matière de femmes. Tout va basculer pour lui le jour divin où, prenant son courage à deux mains, il va défendre une jeune femme dans le train, alors qu’un ivrogne l’agressait verbalement. Reconnaissante et admirative de sa bravoure, elle va lui faire parvenir un cadeau de remerciement : des tasses Hermes, qui lui vaudront son surnom. Déjà conquis par son charme, l’otaku souhaite lui fixer un nouveau rendez-vous pour revoir son doux visage, mais il maîtrise mal l’art de la séduction. Il va ainsi lancer des SOS sur un forum de discussion pour célibataires, afin de rompre avec son statut de dragueur débutant. Internet va alors jouer un rôle clé dans son éclosion de « mâle qui s’assume ».

Mon avis :
Je reste mitigée sur ce manga.
J’ai particulièrement apprécié le descriptif mi-tendre mi-amer de la classe des otaku : jeune génération, ne sachant pas se raccrocher à une « vie normale », car étant craintifs, nerveux, malhabiles, mais possédant également un bon cœur, de la droiture, de la gratitude envers ceux qui leur viennent en aide. Ce livre nous montre également les deux versants d’Internet : tantôt nuisibles parce que désocialisant, tantôt stimulant grâce à cet esprit de coopération et d’entraide…un outil, qui, pour ne pas blesser ou détruire, doit être utilisé à bon escient et sans excès de consommation, et qui ne doit surtout pas être un remède à une solitude trop poussée. J’ai également trouvé que l’auteur maniait avec habilité le langage sms, forum, jeux vidéo et jeux de rôles pour les placer dans ses dialogues (quoique la traduction du japonais au français a atténué cet effet de style pour faciliter notre compréhension).
Néanmoins le coup de crayon du mangaka est assez sombre, brut, pas assez abouti au niveau de la multitude des expressions du visage. La police de caractère, typiquement « eurostile », très carrée, escarpée, n’aide pas à la lecture et ressort mal à l’impression. La couverture (trop rigide à mon goût), le papier épais des éditions Kurokawa et le format plus en hauteur de ce manga n’apportent pas un réel confort. Mais ce ne sont après tout que des détails visuels, car l’humour est au rendez-vous, c’est un fait certain, et le thème des otaku y est traité de manière inédite.

Pour ceux qui ont lu ce manga ou vu le film, je serais intéressée de partager votre ressenti et vos impressions post-lecture ou visionnage en commentaire.

Bon à savoir:
1 seul volume est disponible en français actuellement mais 3 ont été publiés au Japon

Emilie Genévrier


le Vendredi 23 Février 2007 à 06:02 | Permalien | Commentaires (0) | Trackbacks (0)




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